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C'est
avec une grande émotion que Joséphine a pu l'admirer en compagnie
de l'Empereur et de quelques favoris
dans l'atelier de David,
place de la Sorbonne, le 4 Janvier 1808.Elle découvre alors une gigantesque
mise en scène
de neuf mètres de long sur six mètres de haut.
Enthousiamé, en partant l'Empereur se retourna vers David pour lui dire,
en esquissant une révérence: "Monsieur David, je vous salue".
En
regardant ce tableau, il faut se rappeler que la photo n'existe
pas, et, qu'il va non seulement servir à immortaliser
la scène,
mais aussi être en quelque sorte le reportage de la cérémonie. Ce
tableau doit graver dans les esprits
l'établissement d'une "monarchie".
Les
architectes Percier et Fontaine ont été chargés de créer
un décor néo-classique qui sera monté
dans la cathédrale
Notre Dame de Paris.Le sol de Notre Dame fut recouvert d'un
tapis vert semé d'abeilles d'or.
Dans son atelier, David couche sur le papier de nombreux projets avant de se décider définitivement.
Puis, les deux cents dignitaires de haut rang: maréchaux, ecclésiastiques, ambassadeurs,
membres de la famille impériale sont disposés en situation sur de grands croquis. Ensuite, ils font chacun l'objet d'études
au crayon, complètement nus, grâce à des modèles vivants pour leur attitude, avant de les "rhabiller" avec les bons plis
de leur vêtement. Chacun est portraituré soit chez eux soit dans l'atelier même.
Enfin de nouveau, ils sont replacés habillés dans une grande esquisse qui sera reproduite sur la toile définitive,
grâce à la méthode dite "au carreau", pour être peints grandeur nature.
La
commande du Sacre a été passée à l'artiste pour la somme de 100
000 francs or.David y a assisté dans une loge située
au dessus
du maître autel d'où il a pu croquer les principaux acteurs.Il a ensuite
installé son atelier dans l'eglise de Cluny.
On comprend qu'il fallu à David plus de deux années pour réaliser cette œuvre avec l'ensemble de son atelier
comprenant une quarantaine d'artistes salariés. Le Maître ne peignant que les portraits des hauts dignitaires, et retouchant
si besoin tel ou tel détail.
Bien
qu'étant l'un des plus grands artistes de l'époque, David n'est pas
féru de perspective, aussi se fait-il aider pour sa tâche,
notamment du tracé des décors par le peintre Degotti de l'Opéra
de Paris, expert en la matière, .
Pour
visualiser l'effet de lumière des différents groupes, le
peintre a eu recours à une grande caisse percée
dans
laquelle était disposée des poupées de cire figurant les principaux
personnages du tableau.
David
a été fasciné à l'idée de portraiturer un pape comme ses illustres
prédécesseurs Titien ou Raphaël.
Il peint un Pie VII au visage
fin et distingué dans une attitude un peu lasse.
Pour que Joséphine est l'allure et l'élégance de la jeunesse, il a fait poser sa fille Hotense avec la robe de l'Impératrice.
On
remarquera que David n'a pas opté pour la vue plongeante qu'il avait
de sa loge lors de la cérémonie mais
qu'il a adopté le point
de vue d'un dignitaire imaginaire placé au premier rang. Grâce à
cela, on a l'impression de
"marcher dans le tableau "
comme le constatera l'Empereur lorsqu'il ira voir l'esquisse.
Fin