Bessières et les chasseurs à cheval de la Garde à Austerlitz

Le Maréchal Bessières, sur l'ordre de Napoléon,chargea à la tête des chasseurs à cheval de la Garde auxquels s'étaient joints un escadron de grenadiers à cheval de la Garde et la compagnie des mamelucks de Rapp.

La charge se faisait par escadron en deux, quatre ou six rangs selon la place disponible.Les escadrons côte à côte le plus souvent au nombre de deux par régiment, laissant un espace libre entre eux, s'ébranlaient au pas.Les cavaliers du premier rang, voyant le colonel et le Major devant eux passer au trot, prenaient cette allure.Le rand derrière suivait.Il importait avant tout de ne pas rompre l'alignement de façon à présenter à l'ennemi un mur de chevaux.c'est pourquoi dans les cents derniers mètres le Colonel et le Major (sorte de Colonel en second) accompagnés du trompette major s'intercalaient au premier rang dans l'espace laissé libre entre les deux escadrons.Le trompette major levait son instrument, donnant ainsi aux autres trompettes, restés en retrait de cet espace derrière le régiment de sonner la charge, aucune sonnerie n'ayant retenti auparavant.Tout en jouant , comme il le pouvait, à bride abattue, ils venaient boucher l'espace libre du second rang derrière le colonel, le trompette major et le Major, ainsi qu'éventuellement un officier-général comme Bessières, Murat ou Ney accompagné de son état-major.Les capitaines galopaient de chaque côté en serre-file.les chefs d'escadrons en arrière du rang maintenaient son alignement.Le dernier rang, debout sur les étriers, pointait son sabre au dessus de la tête des chevaux, tentait ainsi par un coup de pointe à transpercer son adversaire.Les rangs suivants abattaient leur sabre, "achevaient le travail" .Le combat, cavalerie contre cavalerie, ressemblait à une suite de duels ou tous les coups étaient permis, ou le cavalier devait son salut à la souplesse de son cheval d'une part, à son adresse au sabre d'autre part. Malheur à l'infanterie qui chargée par la cavalerie , n'avait su à temps former le carré , comme le 4ème de ligne, face à la Garde à cheval russe sur le plateau de Pratzen à Austerlitz.Alors, le régiment était disloqué par tourbillon de chevaux .S'ils avaient formés le carré, la cavalerie ennemie tentait d'entamer cette forteresse humaine ou en sautant par dessus les baÏonnettes de pénétrer dedans.Ce fût le sort du régiment Séménovski.En revanche, Préobradjenski maintint son carré et se retira en bon ordre.
 A Austerlitz Marbot nous précise dans ses mémoires que la cavalerie de la Garde chargea en grande tenue.Ceci est confirmé par la célèbre peinture du Baron Gérard qui nous montre trois chasseurs à cheval de la Garde en grande tenue, pelisse chaussée, sans cet hideux manteau roulé en sautoir qu'on nous inflige habituellement sans raison.Nous n'avons pu résister au plaisir de faire (PE/C62 et 63) pelisse jetée, conforme à l'imagerie populaire mais moins réaliste.

Précisons que le seul étendard qui figura dans la charge de la cavalerie de la Garde Impériale à Austerlitz fût celui de l' escadron des grenadiers à cheval.
En effet, en campagne, comme tous les régiments de cavalerie légère, les chasseurs à cheval n'emportaient jamais leur guidon, ayant pour tâche d'éclairer ou d'escorter les corps d'armée, voire de faire des coups de main ou le souci d'un étendard les eut gênés.

En dernier nous voudrions mettre un point final à une erreur fréquemment commise:le célèbre régiment d'infanterie russe des grenadiers de Pavlov,célèbre surtout pou leur mitre n'a jamais participé à la bataille d'Austerlitz.

Jean Barrière

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